Paris n’a cessé de s’étendre sur un sous-sol composite, hérité des divagations de la Seine et de siècles d’occupation urbaine. Chaque nouveau projet souterrain, qu’il s’agisse du prolongement du métro ou d’un passage technique sous les quais, réveille la même question : comment creuser sans provoquer de désordres dans des formations souvent décrites comme un millefeuille de remblais, d’alluvions et de marnes altérées ? L’analyse géotechnique pour tunnels en sols mous devient alors la clé de voûte de toute la conception. Dans notre équipe, nous abordons ces études avec la rigueur qu’impose un tissu urbain aussi dense, où la moindre décompression peut se répercuter sur des immeubles haussmanniens ou des réseaux enterrés fragiles. Pour caractériser la portance des horizons traversés, nous associons régulièrement les données de l’essai CPT aux profils de forage, ce qui permet de suivre en continu la transition entre les sables de Beauchamp et les argiles plastiques sous-jacentes sans multiplier les prélèvements destructifs.
En sol mou parisien, la clef n’est pas la résistance du terrain mais la maîtrise de l’eau interstitielle pendant le confinement du front de taille.
