La cellule triaxiale est posée sur le bâti de chargement, le piston aligné au centième de millimètre. L'éprouvette de sol — taillée dans une carotte prélevée sous le niveau du boulevard périphérique — est déjà gainée d'une membrane en latex. Nous appliquons une contre-pression de saturation de 300 kPa avant même d'augmenter le déviateur. C'est cette rigueur de mise en œuvre qui fait la différence entre un paramètre de résistance fiable et un sinistre en fond de fouille. À Paris, où les alternances de marnes, de calcaires grossiers et de remblais gypsifères piègent les bureaux d'études, l'essai triaxial reste le seul moyen de trancher entre un coefficient de sécurité qui passe et un tassement différentiel qui coûte. Nous le savons : chaque éprouvette rompue en laboratoire, c'est une incertitude en moins sur le chantier. L'essai triaxial consolidé non drainé avec mesure de pression interstitielle (CU+u) est d'ailleurs exigé par la norme NF P94-074 pour tout projet de pieux forés dans les alluvions de la Seine.
Un angle de frottement sous-estimé de 1,5° dans le Calcaire Grossier, c'est 18 % de béton en plus dans le radier. Le triaxial, ce n'est pas un coût : c'est un levier d'optimisation.
