Paris, avec ses 2,1 millions d'habitants intra-muros et un sous-sol creusé depuis l'époque gallo-romaine, présente un défi géotechnique particulier : le calcaire grossier du Lutétien y affleure par endroits mais disparaît sous des remblais anthropiques épais ailleurs. Avant d'ouvrir une fouille dans le 14e arrondissement ou de reprendre en sous-œuvre un immeuble haussmannien, la tomographie sismique par réfraction et réflexion offre une coupe continue du sous-sol sans carottage destructif. Cette méthode géophysique mesure la propagation des ondes P et S pour distinguer les remblais, les marnes et le toit rocheux, avec une résolution verticale souvent inférieure au mètre. Nous l'appliquons régulièrement en contexte urbain dense, où l'encombrement du domaine public interdit les sondages mécaniques lourds. Pour les projets de fondations profondes, l'essai CPT vient ensuite préciser la résistance en pointe, mais la sismique reste l'outil de reconnaissance à grande échelle le plus rentable sur des linéaires de plusieurs centaines de mètres.
En contexte urbain parisien, la sismique réfraction détecte les fonts et les cavités avant qu'un terrassement ne les rencontre, avec une productivité de 200 à 400 mètres linéaires par jour.
