Sous les pavés parisiens, le sous-sol raconte une histoire géologique complexe : alluvions anciennes de la Seine, marnes et calcaires du Lutétien, remblais anthropiques accumulés sur des siècles d’occupation urbaine. Cette stratification irrégulière explique pourquoi la conception d’un radier général exige une reconnaissance géotechnique minutieuse. Un radier n’est pas une simple dalle épaisse : c’est une fondation superficielle qui répartit les charges sur une grande surface, idéale quand le bon sol est à plus de 3 mètres ou que des poches de remblais apparaissent de façon imprévisible. À Paris, où la nappe phréatique fluctue entre 5 et 8 mètres de profondeur selon les quartiers, le radier travaille souvent en interaction avec des venues d’eau temporaires. L’enjeu technique consiste à anticiper les tassements différentiels qui pourraient fissurer la superstructure. Avant tout calcul, nous croisons les données d’un essai CPT pour la stratigraphie continue avec une campagne de granulométrie afin de qualifier la matrice fine des alluvions. Cette double approche évite les surprises de chantier et fonde le dimensionnement sur des hypothèses de sol réalistes.
Le radier général transforme un sous-sol hétérogène en un appui continu et prévisible — c’est l’assurance d’un tassement maîtrisé.
